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Le recours en responsabilité
médicale. À quoi vous attendre?
Marc
Boulanger, avocat, Tremblay
Bois Mignault Lemay, avocats, Québec
Vous recherchez une compensation financière mais
,
en quoi consiste un recours judiciaire en responsabilité
médicale? À quoi vous engagez-vous? À
quoi vous exposez-vous? C'est ce que nous voulons vous expliquer
en vous exposant ce que vous devez prévoir si vous
devenez partie à un litige.
LE DEROULEMENT DE LA CAUSE
La vaste majorité des causes relève de la seule
juridiction des tribunaux de droit commun, c'est-à-dire
de la Cour du Québec (de 0 à 70 000 $) et de
la Cour supérieure (plus de 70 000 $). Ce sont les
tribunaux de première instance. Au-dessus d'eux se
trouve la Cour d'appel, ultime niveau judiciaire au Québec.
Au-delà, se trouve la Cour suprême du Canada,
dont l'accès s'exerce exclusivement sur permission
et dans les rares cas qui concernent l'intérêt
national.
C'est donc en Cour du Québec ou en Cour supérieure
qu'il faut prévoir que votre cause se déroulera.
La gestion d'un dossier en Cour du Québec et en Cour
supérieure obéit à des règles
très strictes que votre avocat doit respecter, sans
quoi la cause ne sera jamais appelée à être
entendue devant un juge. Votre avocat a été
formé pour connaître ces règles, qu'il
y a lieu ici de résumer.
En premier lieu, une équipe d'avocats prend charge
de votre dossier. Après une étude minutieuse
sur sa faisabilité juridique et médicale, nous
estimerons le potentiel de succès du dossier en compagnie
de nos experts.
Si ce potentiel est suffisamment élevé, il y
aura la plupart du temps, mais pas toujours, une mise en demeure
à laquelle certains réfèrent comme étant
"une lettre d'avocat" qui énonce à
la partie adverse qu'une réclamation lui est faite.
Le principal effet juridique de la mise en demeure est de
faire débuter le calcul des intérêts.
La procédure qui, véritablement, commence le
dossier est une requête introductive d'instance du demandeur
(patient) qui est transmise par huissier au défendeur
(médecin et/ou hôpital) qui devra comparaître
à la Cour pour répondre à la demande
qui est portée contre lui et qui expose les faits et
les motifs de la poursuite. Nous vivons en effet dans un système
judiciaire où les parties doivent annoncer leurs couleurs
à l'avance.
La loi accorde au défendeur certains droits qu'il peut
exercer avant de verser sa défense au dossier de la
Cour. Ainsi, si les faits énoncés dans la procédure
ne sont pas suffisamment explicites, que l'action a été
intentée trop tard ou que certains documents n'ont
pas été produits, etc., le défendeur
pourra plaider devant un juge pour obtenir un jugement interlocutoire
(pendant les procédures), qui forcerait le demandeur
à corriger son défaut, par exemple, à
donner plus de précisions ou à retirer certaines
allégations, etc.
Votre présence n'est généralement pas
nécessaire lors de la présentation de ce type
de requêtes interlocutoires.
L'avocat de la défense peut aussi choisir de vous interroger
devant sténographe, sous serment. Vous aurez été
préalablement rencontré par votre avocat qui
vous assistera lors de l'interrogatoire. Le juge n'y est pas
présent et si des difficultés de preuve se posent,
les avocats pourront toujours référer à
un juge de garde pour trancher le débat. Ces interrogatoires,
qui font progresser votre dossier, ont généralement
pour but d'obtenir plus de renseignements sur la demande et
de permettre à l'avocat du défendeur, dans une
atmosphère sérieuse mais sereine, de se faire
une idée bien réelle de vous et de votre réclamation.
Par la suite, une défense doit être produite
par l'avocat du défendeur. C'est maintenant votre avocat
qui a le droit de requérir des précisions sur
la procédure, d'en obtenir le rejet si elle est manifestement
frivole, etc., et aussi, qui a le droit d'interroger le médecin-défendeur
et/ou le personnel de l'hôpital. Il pourra aussi produire
une "réponse" par écrit à la
défense soumise. Si le défendeur néglige
de déposer sa défense, votre avocat pourra requérir
de procéder devant un juge, après avoir préalablement
avisé l'avocat de la partie adverse.
Une fois la requête introductive d'instance, la défense
et la réponse produites, il faut maintenant aviser
la Cour que les parties sont prêtes à être
entendues. Cela se fait en déposant une procédure
appelée "inscription au mérite" et
une "déclaration de dossier complet" où
l'avocat jure sous son serment d'office que toutes les pièces
qu'il entend utiliser au procès, toutes les expertises,
toutes les photos et autres documents sont versés au
dossier de la Cour. Ainsi, à cette étape, l'avocat
est tenu de transmettre le nom des experts et leur rapport
d'expertise, le nom des témoins ainsi que l'objet de
leur témoignage. La défense devra faire la même
chose.
La seconde partie du dossier est ainsi terminée, et
le mécanisme qui mènera à l'audition
de la cause devant un juge a été enclenché.
Il faut maintenant attendre son tour, puisque bien d'autres
justiciables attendent déjà le leur.
Plusieurs mois plus tard, votre avocat recevra un avis d'appel
des causes. À cette occasion votre avocat se présentera
au Palais de Justice où de 75 à 200 causes seront
appelées pour fins de fixation d'une date suivant un
agenda géré par le juge en chef.
Pour mener le dossier à ce stade, il aura fallu de
nombreuses lettres, téléphones, préparations
et dictées de procédures, qui, elles, auront
suivi les entrevues avec vous, demandes de dossiers médicaux,
lecture exhaustive et minutieuse de chaque ligne des dossiers
médicaux souvent volumineux, amendements aux procédures
s'il se produit des faits nouveaux, communications avec les
adversaires, communications et séances de travail avec
les experts, analyses des rapports d'experts en vue d'évaluer
l'impact de leur opinion sur les différents éléments
du fardeau de preuve, multiples auditions à la Cour
devant le juge afin de faire trancher les requêtes,
conférences avec les juges, réservations de
dates auprès des sténographes, recherches de
droit, conférences avec des collègues, quelquefois
représentations devant la Cour d'appel sur des jugements
interlocutoires, etc., tous des éléments auxquels
vous ne prenez pas une part active, mais dont vous serez informé.
Le procès lui-même est régi par des règles
très strictes reliées à l'administration
de preuve, à la recevabilité et à la
valeur probante de chaque élément de preuve.
Chaque détail a ici son importance stratégique.
Par exemple, l'avocat peut contre-interroger les témoins
de la partie adverse à sa guise, et même leur
suggérer des réponses. Malgré cette latitude,
il est souvent sage de ne poser aucune question, stratégie
oblige.
Les juges et les procureurs font généralement
montre de civilité et même de délicatesse
à l'endroit des parties et des témoins. Les
tribunaux tolèrent rarement l'agressivité et
cherchent le plus possible à maintenir le débat
dans un climat civilisé.
Une fois le procès terminé, le juge prendra
la cause en délibéré avant de rendre
son jugement, qui est généralement rendu entre
3 et 6 mois suivant la fin de l'audition. Certains juges sont
plus rapides, certains autres prennent plus de temps, cela
est hors du contrôle de votre avocat.
Un règlement hors Cour peut être négocié
et intervenir à toute étape des procédures.
Les statistiques révèlent qu'au Québec,
90% des dossiers inscrits à la Cour supérieure
font l'objet d'un règlement hors Cour.
Nous espérons avoir répondu à vos questions
et vous invitons communiquer avec nous pour toute question
ou demande d'information supplémentaire.
Dernière mise à jour au 8 février 2011
Avis : L'information présentée ici est
de nature générale et est mise à votre
disposition sans garantie aucune notamment au niveau de son
exactitude ou de sa caducité. Cette information ne
doit pas être interprétée comme constituant
des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques
particuliers, vous devriez consulter un avocat.
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, Tremblay Bois Mignault Lemay, avocats
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