La preuve en matière de commerce électronique
et la cryptographie à clé publique
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AVIS AUX LECTEURS
Le
présent texte constitue un ouvrage de référence faisant
partie intégrante de la "Banque de textes juridiques
historiques" du Réseau juridique du Québec.
L'information
disponible est à jour à la date de sa rédaction seulement
et ne représente pas les changements législatifs et
jurisprudentiels en vigueur depuis sa rédaction.
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Me Martin Dubois
*, avocat, Bernier
Beaudry, s.e.n.c, avocats, Québec.
Questions: Un nouveau client désire acheter un de vos produits
via Internet. Il montre patte blanche en soumettant un numéro
de carte de crédit valide et vous livrez le produit. Avec
qui avez-vous vraiment transigé ? Comment se prémunir contre
la répudiation de cette transaction ?
Depuis sa création, le commerce est basé sur la confiance
mutuelle entre les parties. Dans son organisation, le commerce
électronique rencontre aujourd'hui les mêmes obstacles qu'à
l'occasion de l'implantation de certains outils de commerce
tels la monnaie, les effets de commerce (incluant les chèques)
et même les cartes de crédit et de débit. La confiance s'acquiert
entre autres par la mise en place de standards universellement
acceptés par les parties et c'est à cet objectif que plusieurs
groupes intéressés à la promotion du commerce électronique
s'acharnent.
La preuve d'un acte juridique dans le cyberespace est cruciale
au développement du e-commerce et notre Code civil nous offre
actuellement une plate-forme autorisant la mise en preuve
d'inscriptions informatisées, lesquelles remplacent de plus
en plus les actes juridiques traditionnels constatés par écrit.
Une inscription informatisée doit être intelligible mais doit
surtout présenter des garanties suffisamment sérieuses pour
s'y fier, entre autres par sa systématisation, son absence
de lacune et sa protection contre les altérations.
En cas de litige, cette preuve de fiabilité et de sécurité
exige la démonstration des procédures de saisie et de traitement
des données et la démonstration de l'emploi d'une méthode
de cryptographie à clé publique (CCP) devient un puissant
outil dans le cadre de la confection de cette preuve.
Simplement exprimée, la CCP exige la création et la gestion
de deux (2) " clés " (formules mathématiques informatisées
et sécurisées), l'une dite " publique " qui est disponible
sans restriction et l'autre dite " privée " que seul un utilisateur
détient. L'accès à la clé privée de l'usager, avant son jumelage
à la clé publique, est très strictement contrôlée par une
méthode d'authentification dite "forte" qui exige l'emploi
combiné d'un facteur détenu par l'usager (ex. carte à puce
ou SecurID) et un facteur connu par celui-ci (un NIP).
L'usage de la CCP permet d'abord la " signature " électronique
d'un acte juridique par les parties et notre droit reconnaît
ce moyen de la même manière que la signature manuscrite. Ainsi,
l'identité des parties peut être authentifiée.
La CCP permet aussi de vérifier l'intégrité des données
pour ainsi prouver que le contrat n'a pas été altéré entre
l'envoi et la réception. Mais surtout, elle offre une garantie
inégalée de non-répudiation de l'acte juridique par l'une
des parties, ce que ne peuvent offrir les autres mécanismes
tel le SSL (le petit cadenas ou la petite clé que vous voyez
au bas de votre fureteur).
Par ailleurs, la CCP acquiert une force probante accrue
par sa gestion systématique dans une infrastructure de cryptographie
publique (ICP) reconnue. VeriSign, Entrust, KeyWitness et
surtout RSA Security inc. (les concepteurs originaux de la
CCP) sont autant d'autorités dans ce domaine. Du point de
vue technique, étant donné les nombreuses opérations mathématiques
et la durée de traitement de chaque autorisation (jumelage
des clés), l'ICP a mis sur pied un système bien rôdé d'émission
et de gestion de certificats d'authentification (une carte
d'identité virtuelle inaltérable).
Tel que déjà mentionné, la confiance est la pièce maîtresse
du commerce électronique. La technologie CCP fait partie intégrante
de différents standards internationaux, tels le standard ISO,
le standard X.509 ainsi que les standards SWIFT, ETEBEC5 et
ANSIX9.31. Tous ces obscurs protocoles deviendront autant
de garanties permettant de transiger de la façon la plus sûre
possible avec un client de votre région comme celui habitant
au bout du monde…et d'être certain que c'est vraiment lui
!
L'auteur désire remercier
M. Robert Bergeron, Directeur de territoire chez RSA Security
inc., pour ses précieux commentaires.
Dernière mise à jour au 25 juillet 2002.
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Avis : L'information
présentée ci-dessus est de nature générale et est mise à votre
disposition sans garantie aucune notamment au niveau de son
exactitude ou de sa caducité. Cette information ne doit pas
être interprétée comme constituant un ou des conseils ou avis
juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques particuliers,
veuillez consulter un avocat ou un notaire.
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