L'entente de confidentialité -
essentielle à vos affaires
Michel A. Solis et Sébastien
Lapointe, avocats, Michel A. Solis et Associés, Montréal
Contenu
Introduction
Informations
exclues d'une entente de confidentialité
La gestion des
ententes de confidentialité
Introduction
Que ce soit dans le cadre de contrats d'entreprises ou
de contrats d'emploi, la plupart des entreprises font aujourd'hui
régulièrement appel à des ententes de
confidentialité. Il est également de plus en
plus fréquent de voir des inventeurs ou des développeurs
indépendants demander aux entreprises auxquelles il
entendent vendre, faire distribuer ou fabriquer leurs découvertes
de signer de telles ententes.
Ces ententes prévoient habituellement que la partie
à qui est divulguée l'information confidentielle
(que nous nommerons le «récipiendaire»)
la gardera confidentielle, et accepte de ne pas la diffuser,
de quelque façon que ce soit. Ces ententes comprennent
également, généralement, l'interdiction,
pour le récipiendaire, d'utiliser l'information confidentielle
de l'autre partie pour ses propres fins, commerciales ou autres.
Certaines ententes mentionnent que toute information soumise
au récipiendaire est présumée confidentielle
sauf exception. D'autres, par ailleurs, stipulent que seule
l'information clairement identifiée comme confidentielle
fera l'objet de l'entente. Le choix de la formule à
adopter est fonction des besoins des parties et du rapport
de force existant entre elles.
Informations
exclues d'une entente de confidentialité
La plupart des ententes de confidentialité excluent
expressément de leur application les informations :
1) qui sont déjà connues du récipiendaire;
2) qui font partie du domaine public;
3) qui sont connues dans l'industrie en question;
4) dont le récipiendaire prend connaissance par une
tierce partie, sans que cette tierce partie ne soit en défaut
de respecter une obligation de confidentialité; et
5) dont une ordonnance judiciaire force la divulgation.
La gestion des
ententes de confidentialité
Dans le contexte commercial et juridique actuel, il est
non seulement louable mais certainement préférable
de penser à lier le récipiendaire d'informations
confidentielles par la signature d'une entente à cet
effet. D'ailleurs, ce type d'entente peut imposer une obligation
de confidentialité soit à l'une ou aux deux
parties, option qui peut s'avérer intéressante
pour des partenaires commerciaux, par exemple.
Ceci dit, une question est, encore aujourd'hui, trop souvent
oubliée, en l'occurrence : comment prouver lesquelles
des informations communiquées au récipiendaire
l'ont effectivement été par la personne bénéficiant
de l'entente de confidentialité?
Cette question est importante parce que le récipiendaire
d'informations confidentielles n'a aucune obligation de les
garder confidentielles, ou de ne pas les utiliser, si elles
n'ont pas été reçues de la partie
qui lui a fait signer l'entente, et qu'elles ont plutôt
été reçues de quelqu'un d'autre
(envers qui il n'avait aucune obligation de confidentialité).
Le problème pour l'entreprise sera de prouver que c'est
bien elle qui a fait connaître l'information en question
au récipiendaire, et que ce dernier n'a pas fait par
lui-même la découverte de cette information.
Ainsi, l'entreprise pourrait éprouver des difficultés
à utiliser efficacement une entente de confidentialité
si elle n'a pas pris soin de mettre en place des mesures additionnelles.
Les ententes de confidentialité, comme bien d'autres
ententes, ne sont pas parfaites, et auront donc avantage,
dans chaque cas, à être complétées
par des gestes concrets de l'entreprise qui désire
pouvoir en bénéficier. La signature d'un document
ne suffit pas : encore faut-il agir. Les ententes de confidentialité
doivent être gérées et faire partie d'une
stratégie globale de la partie qui désire préserver
la confidentialité de ses informations.
Ces ententes devront donc être rédigées
soigneusement de façon à ce que les mécanismes
de protection qu'elles prévoient conviennent au fonctionnement
de l'entreprise et à la divulgation envisagée.
Il serait notamment approprié d'envisager à
l'avance le genre d'informations qui sera révélé
dans le cadre de la relation en question (informations techniques,
données financières, liste de clients, liste
d'employés, etc.), la période sur laquelle s'échelonnera
la relation, le but recherché ainsi que le contexte.
La consignation par écrit de ces renseignements rendra
plus facile, en cas de problème, la démonstration
que telle information a été divulguée
à tel ou tel moment.
La meilleure solution demeure l'identification des informations
confidentielles, notamment par la rédaction d'annexes
à l'entente de confidentialité. Ces annexes
pourront alors résumer les discussions et contenir,
par exemple, la description des informations en question,
des spécifications techniques, etc. Une fois ces annexes
datées et signées par les deux parties, le récipiendaire
pourra alors plus difficilement dire qu'il a pris connaissance
de l'information en question ailleurs, ou qu'il l'a lui-même
créée ou découverte.
Ceci dit, le détenteur qui désire protéger
ses informations aura intérêt à bien décrire
ces informations, et à ne pas utiliser une formule
du genre «tout ce que le récipiendaire a entendu».
En effet, l'entreprise qui a la prétention de tout
garder confidentiel pourrait se retrouver avec... rien
de confidentiel.
À jour au 30 août 2005
Avis. L'information présentée ici est
de nature générale et est mise à votre
disposition sans garantie aucune notamment au niveau de son
exactitude ou de sa caducité. Cette information ne
doit pas être interprétée comme constituant
des conseils juridiques. Si vous avez besoin de conseils juridiques
particuliers, vous devriez consulter un avocat.
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