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Protection internationale des marques : Le Canada doit agir
Bernard Colas, LL.D. Avocat - Commerce
international
Gottlieb & Pearson, Montréal
Les accords commerciaux internationaux conclus ces dernières
années par le Canada (OMC, ALENA ou future ZLEA) ont considérablement
amélioré l'accès aux marchés étrangers des biens et services
de nos entreprises. Outre le libre accès aux marchés étrangers,
ces accords imposent à ses membres l'adoption de normes minimales
de protection des marques de commerce.
Cette protection est fondamentale pour nos entreprises puisque
la marque constitue bien souvent un actif important. Il suffit
de penser à la marque Bombardier, Neiges de Lise Watier ou
encore Labatt Blue pour s'en convaincre. Dans ces circonstances,
les entreprises actives au niveau international ont tout intérêt
à protéger leurs marques à l'étranger.
Nos entreprises peuvent se prévaloir de cette protection
à condition de déposer une demande d'enregistrement de leur
marque dans chacun des pays dans lesquels elle revendique
la protection accordée aux marques. Cette démarche est néanmoins
longue, complexe et coûteuse puisqu'il faut présenter une
demande par pays et payer à chaque fois les droits afférents
à cette protection. Si la démarche est envisageable pour une
entreprise multinationale, elle se révèle très problématique
pour une petite et moyenne entreprise. Cet obstacle à l'internationalisation
de nos entreprises pourraient être levé très simplement si
le Canada adhérait au Protocole de Madrid relatif à l'Arrangement
de Madrid concernant l'enregistrement international des marques
("Protocole de Madrid").
Le Protocole de Madrid permet au propriétaire d'une marque
de protéger sa marque dans plusieurs pays en ne déposant qu'une
seule demande rédigée en une seule langue et en ne payant
qu'une seule série de taxes en une seule monnaie. Cet enregistrement
international produit les mêmes effets que ceux d'une demande
d'enregistrement de marque présentée dans chacun des pays
désigné par le déposant. C'est dire que nos entreprises pourraient
protéger leur marque au niveau international beaucoup simplement
que ce qui prévaut actuellement.
À ce jour, tous les pays industrialisés ont adhéré
au Protocole de Madrid. Au total, ce Protocole de Madrid compte
soixante membres parmi lesquels le Japon, l'Australie, la
Chine, la Fédération de Russie, les anciennes républiques
russes et tous les pays d'Europe. Même les États-Unis d'Amérique
ont récemment adhéré au Protocole de Madrid et ce dernier
entrera en vigueur le 2 novembre 2003. À compter de cette
date, les entreprises américaines pourront déposer une demande
de marque pour leurs produits et services à l'étranger à un
coût bien inférieur à celui assumé par nos entreprises pour
protéger leur marque dans les mêmes pays. C'est dire que si
le Canada n'adhère pas rapidement à ce Protocole de Madrid,
nos entreprises actives au niveau international seront nettement
désavantagées par rapport aux entreprises américaines qui
disposeront d'un mécanisme d'enregistrement international
des marques moins coûteux et plus rapide.
Le Canada a fait quelques pas timides dans ce sens en publiant
en janvier 2002 un document intitulé les incidences juridiques
et techniques de l'adhésion du Canada au Protocole de Madrid
[http://www.strategis.gc.ca/sc_mrksv/cipo/tm/madrid_index-f.html].
Il est regrettable de constater que la question de l'adhésion
du Canada au Protocole de Madrid ne soit pas encore résolue
à ce jour. Il est plus qu'urgent d'agir pour préserver la
compétitivité de nos entreprises au niveau international.
Dernière mise à jour : 20 août 2008
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